J'écoute : "Le RenDez-Vous" de Laurent Goumarre, sur France Culture.
Je regarde : "Six feet under", "Sex and the city", "Desperate Housewives"
Je lis : John Giorno, "Il faut brûler pour briller" (Al Dante, 2003)
Je cite : «Oh, je vole à droite et à gauche. Tant et si bien que ça devient original. L'allure de Wisteria Lane vient directement d'"Edward aux mains d'argent". "Sunset Boulevard" m'a donné l'idée du narrateur mort. En télé, je me suis inspiré de "Sex and the City" et "Six Feet Under" et de tout le travail de son créateur Alan Ball », Marc Cherry à propos de "Desperate Housewives", Libération (08/09/05)
(mis à jour mercredi 15 octobre 2008 à 01:58)

02/08/2008

02/08/08 - 01:13

Archives INA de l'année 1972

France Culture diffuse cet été une série d'émissions consacrées aux archives des années 70.

Les événements de mai-juin 68 influenceront-ils durablement les esprits, les mœurs et les comportements des français et de leurs contemporains du monde entier entre 1970 et 1979 ?
Qui dirigera la France ?
L’union de la gauche verra-t-elle le jour ?
Qui gagnera les législatives de 1973, les présidentielles (anticipées) de 1974? François Mitterrand aura-t-il le monopole du cœur face à Valery Giscard d’Estaing ?
Ce même VGE saura-t-il –en 1978- inciter les électeurs à faire «le bon choix»?
Les années 70 verront-elles la création du MLF, l’extension du camp militaire du Larzac ?
Johnny et Sylvie chanteront-ils en duo ?
La mère Denis deviendra-t-elle célèbre ? Majax et Dorothée révolutionneront-ils la télévision française ?
"Le Dernier tango à Paris", "Orange mécanique", "la Grande bouffe", seront-ils des succès ?
Nixon démissionnera-t-il ?
Joe Dassin célébrera-t-il l’été indien ?
Georges Pérec réussira-t-il à raconter –in extenso- la vie d’un immeuble parisien dans un roman ?
Roland Barthes réunira-t-il les fragments épars d’un discours amoureux ?
La petite fille 73 colorera-t-elle le bord de ses lèvres ?
Jean-Paul I régnera-t-il longtemps ?

A toutes ces questions et à tant d’autres, il faut de justes réponses.
Les années 70 répondront en archives (grâce à l’Institut national de l’audiovisuel) et en chansons : vos boums d’adolescents (slows sirupeux, discos de qualité) remonteront vite dans vos mémoires…



"Les Années 70", archives de l'année 1972, France Culture, samedi 2 août 2008, 22h05 (115 mn).

Extraits de :
- "Télé Midi 72", avec Jean-Michel Déjeune et Jean Yanne (03.01.1972)
-"Télé Procès", Eliane Victor et Etienne Mougeotte : Pour ou contre l’éducation sexuelle à l’école (25.04.1972)
- "La demoiselle d’Avignon" (08.01.1972)
- "Télé Midi : le tournage du "Dernier tango à Paris" (13.04.1972)
- "Salle de rédaction" : la mort de Montherlant (22.09.1972)
- Le Noël de l’Elysée (06.12.1972)
- "Les Rois maudits" (21.12.1972)
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ENTENDU

"Le Rendez-Vous" :
Christophe Honoré, Alex Beaupain, Jean-Lalanne à propos de Jacques Demy.
Par Laurent Goumarre,
France Culture, jeudi 13 novembre 2008.
(45 mn)

VU

La Nouvelle star, 28 mai 2008 : Ycare chante
Déshabillez-moi

La Nouvelle star, 21 mai 2008 : Ycare chante
Bang Bang

La Nouvelle star, 15 mai 2008 : Ycare chante
Je suis un homme

La Nouvelle star, 7 mai 2008 : Amandine chante
Bad Girls

La Nouvelle star, 30 avril 2008 : Thomas chante
Come undone

La Nouvelle star, 16 avril 2008 : Ycare chante
It's so quiet

La Nouvelle star, 2 avril 2008 : Ycare chante
Le Chanteur

LU

Demy en entier

DVD. Après moult péripéties, un coffret rassemblant l’intégralité de l’œuvre du réalisateur sort enfin

Par Gérard Lefort

Qu’on puisse enfin voir tous les films de Jacques Demy dont certains, fameux ou rares, étaient totalement invisibles pour des motifs complexes (lire page suivante), est la preuve que la fée des Lilas, marraine de tous les cinéphiles, a bien fait son boulot. Mais la sensation est surtout esthétique : tout Demy en DVD, c’est Demy dans la Pléiade. Ce qui permet d’expérimenter que Demy a bel et bien réalisé le programme qu’il se fixait en 1964 : «Mon idée est de faire 50 films qui seront tous liés les uns aux autres, dont les sens s’éclaireront mutuellement à travers des personnages communs.»
Demy n’a pas tourné 50 films, mais 14 (et 7 courts métrages) qui sont comme les 21 tomes d’une Comédie humaine. Autrement dit par lui : «Tout le monde a le droit de rêver et j’ai retrouvé tout le monde.» A la façon de Schnitzler filmé par Ophüls, au film des films, c’est la ronde des prénoms et des noms tous sexes emmêlés (Michel, Lola, Frankie, Geneviève, Roland, Edith, François…), tous princes et princesses transgenre au terminus des passions, heureuses ou maudites.
«Amour, je t’aime tant», refrain dans Peau d’âne, serait la ritournelle idéale pour tous les autres films, comme un vertige (de l’amour) nous faisant sauter d’un manège à l’autre, son manège à lui, qui nous fait tourner la tête. Et cela, quel que soit le résultat : sans faute pour la plupart des films, Demy-réussite ou échec presque complet dans certain cas (Parking !). Ce qui est d’autant plus véniel que l’inachèvement est un des motifs majeurs de l’œuvre. On se croise, on se prend, on se lâche, on se perd. Pas de quoi en faire un drame, plutôt un opéra populaire.
Quand, sur le tournage d’Une chambre en ville (1982), Demy confiait qu’il ne veut pas faire un film politique, il faut l’entendre. Car si Une chambre en ville est bien son film-manifeste le plus engagé, Demy y fait de la lutte des classes un pas de deux érotique et révolutionnaire unissant la fille d’aristo et le prolo dans une commune détestation du summum de l’ennui : la bourgeoisie. On a souvent dit son cinéma enchantant, enchanté. C’est bien trouvé : Demy est comme le petit garçon de l’Enfant et les Sortilèges de Ravel : grognon devant les devoirs, médusé quand son imagination, folle du logis, anime les objets, les animaux, les fleurs, fait parler les humains comme ils ne parlent jamais, en chansons, mais pas le dernier à sauter dans le sabbat et attiser la braise. On ne naît pas enfant, on le devient.

Intégrale Jacques Demy, 12 DVD (Arte Video/Ciné Tamaris) 99 €

Libération, vendredi 14 novembre 2008