J'écoute : "Séries Télé : l'Amérique en 24 épisodes", une histoire des séries télévisées américaines par Benoît Lagane et Eric Vérat, France Culture, du lundi au vendredi de 22h30 à 23h00
Je regarde : "Six feet under", "Sex and the city", "Desperate Housewives"
Je lis : John Giorno, "Il faut brûler pour briller" (Al Dante, 2003)
Je cite : «Oh, je vole à droite et à gauche. Tant et si bien que ça devient original. L'allure de Wisteria Lane vient directement d'"Edward aux mains d'argent". "Sunset Boulevard" m'a donné l'idée du narrateur mort. En télé, je me suis inspiré de "Sex and the City" et "Six Feet Under" et de tout le travail de son créateur Alan Ball », Marc Cherry à propos de "Desperate Housewives", Libération (08/09/05)
(mis à jour dimanche 24 août 2008 à 09:57)

06/05/2006

06/05/06 - 18:03

Terrence Malick et moi

Après plusieurs minutes du "Nouveau Monde", de Terrence Malick, je comprends que je suis devant l’histoire de Pocahontas. Je ne me souviens pas avoir vu Colin Farrel dans un film auparavant. Il ne me convainc pas en tant qu’acteur. Je le trouve beaucoup trop musclé. La caméra s’attarde longuement sur la nature verte et vierge. Le film me parait interminable. Je m’ennuie tant que je m’endors presque à force d’images flottantes. Je me dis que j’ai de la chance de ne pas souffrir du mal de mer. Plus tard, G. me raconte qu’il m’a rêvé sous les traits du chanteur d’un groupe punk qu’il idolâtre. Il me dit que j’assurais comme une bête sur scène. Je termine la soirée avec Lola devant "Le triomphe des sept desperadas", un western spaghetti kitsch et camp, diffusé sur Arte en version espagnole.
Le lendemain, je retourne au cinéma Utopia du centre ville avec Martin. Je revois "Un año sin amor", d'Anahí Berneri, un an après l’avoir découvert aux Rencontres des cinémas d’Amérique latine de Toulouse. J’avais oublié que la santé du héros écrivain occupe une place si importante dans le récit. J’avais gardé un souvenir précis et poignant des épisodes de sa vie sexuelle. La relation épisodique et SM qu’il entretient avec un bel étalon m’a retourné une nouvelle fois.



commentaires

07/05/06 - 00:10

Bien le bonsoir....

Malick prend un c avant le k...

Et ce film est un chef d'oeuvre. Malick est le plus grand réalisateur depuis l'invention du cinéma et oui, Colin farrell est insignifiant, ce qui ne change rien au film puisqu'il n'y joue pas un personnage mais un concept, toute l'idéologie n'étant centrée que sur le personnage de Pocahontas.....
Et il est compréhensible que vous n'ayez pas accroché, c'est le cas de neuf personnes sur 10, mais par pitié, ne dites pas que ce film est chiant......

Bonne fin de soirée

07/05/06 - 09:05



K C


ma poule !!!

07/05/06 - 12:41

J'y pense en vous lisant : dans le journal du tournage de Volver, Almodovar livre les confessions d'un homme qui s'est endormi la 1ère fois qu'il a vu La Mala Educacion (que j'ai détesté), et aussi au cours des suivantes, car il est envahi par le "sueño" (sommeil/rêve) et sûrement aussi à cause des anxiolitiques qu'il prend. J'espère que ça s'écrit comme ça... ([www])

07/05/06 - 15:32

khriligompo, merci ! La faute est corrigée... Mais je précise que je ne cherche surtout pas ici à me lancer dans des critiques de spectacles. Je ne livre que de vagues impressions souvent incomplètes. Pas de grandes théories donc, mais simplement le récit elliptique de tranches de vies saupoudré de mauvaise foi. Surtout, je veux éviter toute vérité universelle du style "ce film est un chef-d'oeuvre". Il me semble donc que nulle part est écrit "ce film EST chiant", mais excusez moi de me citer : "Le film ME parait interminable. JE M’ennuie tant que JE M’endors presque à force d’images flottantes". Je pense que les commentaires sont là pour apporter des précisions et explications, donc merci encore pour ta contribution qui m'éclaire. Parce que je connais quelques uns des films précédents de MaliCk (que j'aime beaucoup, beaucoup), ma déception fut disproportionnée sans doute au regard des qualités du film sur lesquelles j'ai choisi de ne pas m'étendre. J'ai pris beaucoup de plaisir pendant 1h30, en effet, mais fatigué, il se trouve que je m'endormais au cours des trois derniers quarts d'heures et c'est un fait indéniable sur lequel j'ai choisi de m'attarder ici parce que cela m'a gâché le plaisir.

Brice d'A, j’ai justement profité de ma retraite au vert pour visionner Brice de Nice, mais pourquoi avoir oublié de me préciser que le film était interdit au plus de 12 ans…

Lola, merci pour le lien, je vais en profiter pour parfaire mon espagnol, en attendant la sortie du film (le 19/05).

07/05/06 - 21:14

Es pot trobar també la traducció a inglés i francés dins aquestas patges. Adeu.

08/05/06 - 09:08

Vous avez vu cette "daube" sauce frenchy sans moi ?
Dommage, car cela fait longtemps que je me fais une image peu reluisante de ce que j'imagine être un navet, sans toutefois pouvoir argumenter faute de visionnage ...

Cependant, hier au soir, après m'avoir fait écouter de la musique de bal de village, en l'occurrence "Boudu les Cops" (vos idoles du moment pour leur faire un peu de pub); vous avez eu, je dois l'avouer, la délicatesse de me présenter un film "camp" et même un peu "quiche" de votre meilleur cru, dont les vertues soporatives m'ont permis de récupérer un peu avant de sortir, vous laissant seul à la tâche !

08/05/06 - 19:04

Et pourquoi Lola n'a-t-il pas aimé "La Mauvaise éducation"?

08/05/06 - 19:23

ce n'était pas vrément un groupe de punk mais plutot un groupe de grind core (pire que du punk). Dommage que cela ne soit qu'un rêve!

sinon je trouve que "G" c'est moche alors si tu pouvait trouver autre chose s'il te plait!
merci!

12/05/06 - 18:22

rien à voir avec le sujet mais...savez vous si Régis Goudot (comédien du groupe ex-abrupto) est homosexuel ?
il me plait enormément.....

14/05/06 - 14:38

G, c'est quoi ton nom de scène ???

...Moi..., est-ce à dire que vous-même en êtes ?

14/05/06 - 14:50

Ce n'est pas à cacher en tout cas !
vous avez la réponse ?

14/05/06 - 15:01

je n'ai pas la réponse, mais les artistes du Sorano sont très accessibles, il suffit d'aller le voir au bar après le spectacle...
j'imagine que vous l'avez vu dans "Rimbaud l'enragé" ces jours-ci jouer (fort bien) une folle perdue et que cela vous titille ?

14/05/06 - 15:26

Huum tout a fait...On se serai cru dans un nouveau Almodovar j'attend d'ailleurs votre article sur le sujet avec impatience

14/05/06 - 15:54

je viens de le voir, mais il faudra patienter un peu car j'ai vu une autre pièce ces jours-ci. En attendant, il faut dire à tous d'aller découvrir cette mise en scène sobre mais habitée d'"Une saison en enfer" au Sorano. merci de votre impatience !

14/05/06 - 18:16

mon nom de scene? j'ai pas de nom de scene j'ai qu'un pseudo: GoIrE!



(((GOIRE)))fast music for fast peaople!

15/05/06 - 08:41

Tout au long de La Mala Educación, j'ai eu le sentiment de lire la revue Têtu, ce qui ne m'arrive que lorsque je suis aux toilettes, chez jjw. Cette fois-là, le public de l'Utopia Tournefeuille assitait au spectacle, son ouverture d'esprit bien en phase avec le papier glacé qui me contractait les sphincters. Dans le fond, on a sûrement raison de dire que les mystères de l'Eglise m'excitent peu.

17/05/06 - 00:38

A vrai dire, j'ai été moi aussi assez déçu par cette "Mala Educación". En revanche, sans trop savoir pourquoi, j'attends avec impatience Volver, dont j'ai vu la bande-annonce.

17/05/06 - 15:42

Par convention autosexuelle, les pédés vont sûrement adorer la Cruz : c'est pourtant la seule note un peu surfaite du film en écho à quelques ex travelos figés et peu crédibles, alors que la gravité aboutie fait passer les films précédents (faciles à reconnaître) pour des brouillons. Un personnage de second plan me fascine : voyons si vous trouvez.

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ENTENDU

"Le Rendez-Vous" :
Christophe Honoré, Alex Beaupain et Gilles Taurand.
Par Laurent Goumarre,
France Culture, mercredi 17 septembre 2008.
(45 mn)

VU

La Nouvelle star, 28 mai 2008 : Ycare chante
Déshabillez-moi

La Nouvelle star, 21 mai 2008 : Ycare chante
Bang Bang

La Nouvelle star, 15 mai 2008 : Ycare chante
Je suis un homme

La Nouvelle star, 7 mai 2008 : Amandine chante
Bad Girls

La Nouvelle star, 30 avril 2008 : Thomas chante
Come undone

La Nouvelle star, 16 avril 2008 : Ycare chante
It's so quiet

La Nouvelle star, 2 avril 2008 : Ycare chante
Le Chanteur

LU

Jarman en son jardin

Intégrale. Au Magic Cinéma de Bobigny, tous les films d’un cinéaste outrageant qui a filmé à l’anglaise

Par Gérard Lefort

Sur le tard de sa vie, alors qu’il se savait déjà condamné à mort par le sida qui l’embarqua le 19 février 1994, Derek Jarman, réalisateur de cinéma, vidéaste, scénariste, peintre, homme de théâtre, écrivain, acteur, costumier et plasticien britannique, né le 31 janvier 1942 à Northwood (Middlesex !), consacra beaucoup de son activité à l’entretien d’un jardin, son jardin, autour d’un cottage de pêcheur du sud de l’Angleterre qu’il avait acheté en 1986 lors d’une chasse aux jacinthes des bois en compagnie de Tilda Swinton, son actrice, amie et égérie. Ce jardinage fut son œuvre ultime et a donné lieu à un livre, un garden book, intitulé Un dernier jardin (1). Des photographies de Howard Sooley accompagnent les textes. Ce qu’on y découvre n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on appelle depuis le XVIIIe siècle un jardin «à l’anglaise». Certes, la nature y est civilisée à la façon d’un faux chaos. Mais le cottage de Jarman n’a rien d’un manoir et tout d’un cabanon en planches goudronnées. Et le jardin qui l’entoure a pris racine dans un environnement pour beaucoup infernal : immense étendue de galets et de végétations étiques, le long de la mer, face à la centrale nucléaire de Dungeness, dans le Kent.
Ange moqueur.
Comme un humour, le cottage de Jarman s’appelle Prospect Cottage. Cette maison et son jardin sont cependant un paradis. Le paradis, qui vient d’un mot d’ancien persan signifiant «un endroit verdoyant», hante tous les jardins, mais seuls certains y parviennent. Celui de Michael Derek Elworthy Jarman est un vrai paradis. Touffu, bordélique, bricolage de plantes autochtones (santoline, giroflées, aubépines) et d’essences rares, un vrai parterre d’arlequin, brodé de trésors décoratifs récupérés : galets glanés sur la grève, crocs de marinier rouillé, vieux outils qui font de nouvelles sculptures, madriers, bois flottés et autres fortunes de mer reconvertis en tuteur, poteau, treillage. Se promener aujourd’hui dans les films de Derek Jarman, c’est comme baguenauder en son jardin : à la fois Eden perdu et Gethsémani retrouvé, ce jardin des oliviers où Jésus se recueillit au milieu de ses disciples endormis avant son arrestation et sa Passion. On y marche en faisant attention, on s’arrête devant les plates-bandes d’une trentaine de films (courts et longs métrages), intrigué, médusé, alarmé parfois, embaumé et ravi tout le temps. C’est le paradis d’un ange moqueur, avec vue sur l’apocalypse.
De prime abord le visage de ses films est tellement changeant que l’on peine à singulariser leur originalité : quel est le lien, de l’expérimental des premiers courts métrages (début des années 70) au relatif classicisme de Wittgenstein (1993), biographie érotico-rococo de l’auteur du Tractatus, en passant par diverses pubs et vidéos clips pour Marianne Faithfull, The Smiths, les Pet Shop Boys, Patti Smith ? Comme toujours dans une œuvre d’art, la cohérence est diagonale et le lien, aberrant. Un de ses premiers court métrage (1974), tourné en super 8, se nomme In the Shadow of the Sun. C’est en effet, au sens musical, une suite d’ombres et de lumières. De même pour son élégie à Karen Blixen (Stolen Apples for Karen Blixen, 1972), où le vol des pommes se fond dans un portrait photographique de la baronne.
Le cinéma de Jarman ne dira jamais autre chose : un art de la superposition, de la solarisation, de la surexposition, et, plus précisément, de l’anamorphose, qui n’a rien à voir avec le collage et tout à faire avec la coexistence. C’est ça le cinéma, ou c’est ce qu’il aurait pu devenir, loin des scénarios manucurés et des images ratissées. De fait, à regarder le ciné-Jarman on songe souvent aux splendeurs du muet, au cinéma primitif, à celui de Méliès. Et à le voir parfois jouant en personne dans ses films, à Keaton : des mines de triste sire qui font rire, des facéties qui ne sont pas que comiques. Jarman, qui fut élève de la Slade School of Art au début des années 60, a beaucoup emprunté à la peinture. Constable sûrement, étant donné son obsession des paysages anglais, fussent-ils urbains, et par-dessus tout le Caravage, auquel il finit en 1986 par consacrer tout un film. Au début de The Last of England (1987), une saynète peut servir de passe-partout : on y voit un jeune skinhead s’acharner à coup de tatanes sur une reproduction du Bacchus du Caravage. Avant de se vautrer dessus pour s’y branler. Ce qui permet d’en découdre avec deux étiquettes collantes : Derek le pédé, Jarman l’iconoclaste.
Punk.
Certes, Jarman est né au cinéma et a une relative célébrité avec la vague punk qui, au milieu des années 70, submerge la Grande-Bretagne. Certes, son premier long métrage (1975) Sebastiane (unique film de l’histoire du cinéma entièrement parlé en latin) fut considéré comme un manifeste homo-érotique frondeur, rejoignant le Pink Narcissus d’Anonymous. Certes, il n’est pas rien que, dans Jubilee, on entende une lesbienne camionneuse hurler sa version très particulière du Rule, Britannia. Et ainsi de suite pour The Garden (1990), où la vie de Jésus est rapportée à une histoire d’homosexualité transcendée, jusqu’à Wittgenstein (1993), où Jarman, considérant que les anecdotes de la vie valent les aphorismes de la pensée, insiste sur la folle biographie du philosophe qui, il est vrai, lorsqu’il fut invité aux États-Unis par l’université de Berkeley, demanda s’il pouvait rencontrer son héroïne : Carmen Miranda.
Sur tous ces points, Jarman qui fut bien une (drag) queen du queer, frappa dur et sec et on chercherait aujourd’hui un cinéma outrageous qui lui ressemble. Mais ce serait le rater que de le parquer dans ces réductions de lui-même. Ne serait-ce que sur la question de l’homosexualité qui, dans son cinéma, est tout sauf une réponse. Comme Fassbinder, Jarman a toujours considéré que les rapports de classes sont plus forts que les rapports sexuels. Et que la politisation de l’homosexualité, la fameuse «révolution homosexuelle», emporte avec elle le risque de sa propre répression. Voir, ces derniers temps, les dérives sectaires du communautarisme gay, ou, tout ça pour ça, le droit conservateur à se marier, fonder une famille et avoir des enfants, auquel répond une image récurrente dans les films de Jarman : un landau en flammes.
Rêves.
Ça fait du bien de cracher sur un portrait de la Reine ou de Sarkozy quand il prétend être roi, il est nécessaire de défendre les opprimés, mais l’insurrection chez Jarman est d’une nature autrement irréductible. Ses films sont comme des tableaux de son Caravage chéri : tous les souvenirs qu’ils permettent, tous les rêves qu’ils attisent et les raisons de se révolter. On entend le rire d’une femme, on se rappelle de celui de Nico dans La Dolce Vita. Tilda Swinton se lance dans une danse des sept voiles, c’est Isadora Duncan qui revient. On voit un jeune homme fusillé à répétition, c’est Lorca qu’on assassine. Et puis tous ces expulsés, émigrants, sans-papiers, clandestins, bombardés, qui sont les âmes errantes et déportées, éclairées à la torche, filmées au bazooka dans The Last of England, film du XXe siècle qui vaut pour aujourd’hui.
Le cinéma de Jarman est comme une fiole de poppers sous nos narines endormies. A respirer à fond, avec les effets afférents dénombrés par l’impeccable Tilda Swinton : «Le foutoir, l’argot, la musique de Simon Fisher Turner, les vrais visages, l’intellectualisme, la mauvaise humeur, la bonne humeur, l’insolence, les normes, l’anarchie, le romantisme, le classicisme, l’optimisme, l’activisme, la jubilation, l’orgueil, la résistance, l’esprit, la lutte, les couleurs, la grâce, la passion, la beauté.»

Festival Théâtres au cinéma, au Magic Cinéma de Bobigny, du 28 mars au 13 avril. Rens. : 01 41 60 12 36 ou www.magic-cinéma.fr

(1) Ed. Thames et Hudson, 1996, 144 pp., 22,50 €.

Libération, mercredi 26 mars 2008