J'écoute : "Glamour à mort", Arielle Dombasle (Sony music, 2009)
Je regarde : "Six feet under", "Sex and the city", "Desperate Housewives"
Je lis : John Giorno, "Il faut brûler pour briller" (Al Dante, 2003)
Je cite : «Oh, je vole à droite et à gauche. Tant et si bien que ça devient original. L'allure de Wisteria Lane vient directement d'"Edward aux mains d'argent". "Sunset Boulevard" m'a donné l'idée du narrateur mort. En télé, je me suis inspiré de "Sex and the City" et "Six Feet Under" et de tout le travail de son créateur Alan Ball », Marc Cherry à propos de "Desperate Housewives", Libération (08/09/05)
(mis à jour dimanche 3 mai 2009 à 20:17)

21/04/2006

21/04/06 - 14:55

Julien Clerc et moi

Chez J.-P., je m’endors devant l’ennuyeuse "Révolte des morts-vivants" d’Amando de Ossorio. Au milieu de la nuit, nous longeons la voix ferrée. Depuis la rue Denis Papin, je lui dévoile les recoins où je pratiquais le sexe en plein air derrière l’église Saint-Aubin, à l’époque où la drague nocturne entre hommes y était encore de mise.
Le lendemain au Zénith, Julien Clerc saisit un énorme œuf en chocolat que lui tend une spectatrice. Deux chansons plus tard, il avoue que c’est la première fois qu’il chante dans cette salle. Il dédie son concert à Etienne Roda-Gil. Sa relecture rock de "Yann et les Dauphins" me surprend et me captive. De timides larmes brouillent ma vue pendant "Utile". Au fil du récital, je ne cesse d’être ébloui par les lumières colorées jusqu’au kitsch. Il termine "Femmes… Je vous aime" dans une avalanche sucrée qui m’aveugle. Le parti pris parodique de la mise en scène me saute alors aux yeux. À mi-parcours du concert, sorties de toutes parts, des femmes courent pour se planter au pied de la scène. Dès les premières notes de "Melissa", je laisse Martin au fond du parterre pour m’avancer dans une allée. Je me retrouve au cœur d’une poignée de quadragénaires qui s’agitent sur "La fille aux bas nylon" telles des twisteuses énervées. Pas vraiment dans mon élément mais satisfait d’avoir vu l’idole de près, je regagne ma place à la fin du medley. En plein rappel, il quitte la scène après "Jaloux de tout" qui clôt tous ses spectacles. Debout, le public est conquis. La salle se rallume subitement. Je suis hystérique. Nous partons nous désaltérer au Grand Cirque.



commentaires

22/04/06 - 06:24

Vous... désaltérer ?! ^^

23/04/06 - 17:07

J'avais surtout peur pour toi quand cette femme-éléphante a sonné la charge vers la scene. A ce moment-là, même le sourire ravageur de ton idole semblait se figer d'effroi.

25/04/06 - 02:04

C'est très beau, très extatique et distant à la fois, j'aime beaucoup! ça donne envie.

25/04/06 - 12:43

griffin, oui ! boire un verre si vous préférez...

M, en fait quand je me suis approché j'ai vu qu'elle s'était échouée sur une rangée de spectateurs des premiers rangs

hugoindigo, merci. pour votre information, il se produira en mai au zénith parisien.

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ENTENDU

"Le RenDez-Vous" :
Krysztof Warlikowski.
Par Laurent Goumarre,
France Culture, lundi 22 juin 2009.
(45 mn)

VU

La Nouvelle star, 28 mai 2008 : Ycare chante
Déshabillez-moi

La Nouvelle star, 21 mai 2008 : Ycare chante
Bang Bang

La Nouvelle star, 15 mai 2008 : Ycare chante
Je suis un homme

La Nouvelle star, 7 mai 2008 : Amandine chante
Bad Girls

La Nouvelle star, 30 avril 2008 : Thomas chante
Come undone

La Nouvelle star, 16 avril 2008 : Ycare chante
It's so quiet

La Nouvelle star, 2 avril 2008 : Ycare chante
Le Chanteur

LU

Demy en entier

DVD. Après moult péripéties, un coffret rassemblant l’intégralité de l’œuvre du réalisateur sort enfin

Par Gérard Lefort

Qu’on puisse enfin voir tous les films de Jacques Demy dont certains, fameux ou rares, étaient totalement invisibles pour des motifs complexes (lire page suivante), est la preuve que la fée des Lilas, marraine de tous les cinéphiles, a bien fait son boulot. Mais la sensation est surtout esthétique : tout Demy en DVD, c’est Demy dans la Pléiade. Ce qui permet d’expérimenter que Demy a bel et bien réalisé le programme qu’il se fixait en 1964 : «Mon idée est de faire 50 films qui seront tous liés les uns aux autres, dont les sens s’éclaireront mutuellement à travers des personnages communs.»
Demy n’a pas tourné 50 films, mais 14 (et 7 courts métrages) qui sont comme les 21 tomes d’une Comédie humaine. Autrement dit par lui : «Tout le monde a le droit de rêver et j’ai retrouvé tout le monde.» A la façon de Schnitzler filmé par Ophüls, au film des films, c’est la ronde des prénoms et des noms tous sexes emmêlés (Michel, Lola, Frankie, Geneviève, Roland, Edith, François…), tous princes et princesses transgenre au terminus des passions, heureuses ou maudites.
«Amour, je t’aime tant», refrain dans Peau d’âne, serait la ritournelle idéale pour tous les autres films, comme un vertige (de l’amour) nous faisant sauter d’un manège à l’autre, son manège à lui, qui nous fait tourner la tête. Et cela, quel que soit le résultat : sans faute pour la plupart des films, Demy-réussite ou échec presque complet dans certain cas (Parking !). Ce qui est d’autant plus véniel que l’inachèvement est un des motifs majeurs de l’œuvre. On se croise, on se prend, on se lâche, on se perd. Pas de quoi en faire un drame, plutôt un opéra populaire.
Quand, sur le tournage d’Une chambre en ville (1982), Demy confiait qu’il ne veut pas faire un film politique, il faut l’entendre. Car si Une chambre en ville est bien son film-manifeste le plus engagé, Demy y fait de la lutte des classes un pas de deux érotique et révolutionnaire unissant la fille d’aristo et le prolo dans une commune détestation du summum de l’ennui : la bourgeoisie. On a souvent dit son cinéma enchantant, enchanté. C’est bien trouvé : Demy est comme le petit garçon de l’Enfant et les Sortilèges de Ravel : grognon devant les devoirs, médusé quand son imagination, folle du logis, anime les objets, les animaux, les fleurs, fait parler les humains comme ils ne parlent jamais, en chansons, mais pas le dernier à sauter dans le sabbat et attiser la braise. On ne naît pas enfant, on le devient.

Intégrale Jacques Demy, 12 DVD (Arte Video/Ciné Tamaris) 99 €

Libération, vendredi 14 novembre 2008